Théophile Ruhorahoza, 2009, Terminus Mbandaka: le chemin des charniers de réfugiés rwandais au Congo, Collection "Mémoire collective", Format 14,8x21, 150p.
ONG et communauté internationale complices des massacres des réfugiés rwandais par les soldats du FPR depuis 1994 ? C’est la question que l’on se pose à la lecture de ce récit poignant de Théophile Ruhorahoza, rescapé de massacre en massacre, dans son parcours à pied du Rwanda à l’extrême Ouest de l’ex-Zaïre, à Mbandaka, dernier lieu de massacre avant le passage au Congo Brazzaville.
Cette masse humaine, estimée à deux millions au départ, est traquée par les soldats de l’armée du Général Kagame qui veut les exterminer, de connivence avec les humanitaires dont le Haut Commissariat aux réfugiés. Au lieu de prodiguer soins et vivres, le HCR tente à chaque fois d’organiser un rapatriement forcé des rescapés. Si Emma Bonino, Commissaire européenne à l’action humanitaire à l'époque, verse des larmes à Tingi Tingi et parvient à alerter la communauté internationale, Sadako Ogata, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, quant à elle, outrepassant largement son rôle apolitique et neutre dans les conflits, condamne les réfugiés à l’extermination, en désignant les fugitifs, femmes, enfants, vieillards, malades et hommes valides, sous l’étiquette de « génocidaires ». Après sa visite au camp de Tingi Tingi, celui-ci sera immédiatement détruit à l’arme lourde par l’armée du Général Kagame, faisant plusieurs milliers de victimes. Après le bombardement du camp, les uns sont rapatriés de force, les autres prennent le chemin de la forêt.
Dans cette traversée de plus de 2000km à pied dans la forêt tropicale, les réfugiés subiront des violences inouïes et des massacres organisés par l’armée du Général Kagame avec le concours technique (moyens de communication) des organisations humanitaires et l’appât que constituait la distribution des vivres. Aucun instrument d’anéantissement de cette population ne fut ménagé : massacres à l’arme à feu ou à l’arme blanche, les tortures, les viols, la faim et la maladie suite à la non distribution de l’aide humanitaire pourtant disponible. Des cadavres jonchèrent le long des routes, d’autres furent jetés dans des fosses communes d’Est en Ouest de la République Démocratique du Congo. D’autres encore furent brûlés à l’essence surtout à Mbandaka sur la localité de Wendji Secli.
Ce récit nous montre jusqu'à quelles extrémités peut aller la folie humaine.
Théophile Ruhorahoza, est né à Kinyamakara (1969) dans l’ancienne préfecture de Gikongoro. Il fit ses études au Petit Séminaire de Butare, et poursuivit sa formation en Philosophie au Grand Séminaire du Rwanda (Kabgayi). En 1994, il était étudiant à la Faculté des Lettres de l’Université Nationale du Rwanda. Il vit actuellement en Europe

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Joseph Sagahutu, 2011, Espérer contre toute espérance, Témoignage d'un rescapé des massacres de religieux en RD-Congo, Préface de Boris Cyrulnik, Postface de Philippe Vermeersch, (2ème édition) Format 14,8x21, 198p. Voir détails.

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